Comment passer du salaire brut au net ?
Le salaire brut est le montant inscrit sur le contrat de travail avant toute déduction. Pour obtenir le salaire net (ce qui est versé sur le compte du salarié), on soustrait l'ensemble des cotisations sociales salariales : CSG et CRDS (9,7 % sur 98,25 % du brut), assurance vieillesse, retraite complémentaire AGIRC-ARRCO et contributions associées (CEG, CET, Apec pour les cadres). En France en 2026, le total représente environ 22 % du brut pour un non-cadre et 25 % pour un cadre en début de tranche 2.
Différence entre cadre et non-cadre
Depuis la fusion AGIRC-ARRCO de 2019, les taux de retraite complémentaire sont identiques entre cadres et non-cadres. La principale différence salariale réside dans la cotisation Apec (0,024 % salarié), qui ne concerne que les cadres, et dans la prévoyance cadre obligatoire de 1,5 % sur la tranche 1 (article 7 AGIRC-ARRCO), à la charge exclusive de l'employeur. Le net salarial est donc très proche, mais le statut cadre change l'accès à certaines couvertures (prévoyance, mutuelle, retraite supplémentaire) et le régime de licenciement.
Qu'est-ce que le PASS, les tranches T1 et T2 ?
Le PASS (plafond annuel de la Sécurité sociale) est revalorisé chaque année. Pour 2026, il s'élève à 48 060 € par an (4 005 € par mois). Il sert à découper le salaire en tranches, sur lesquelles s'appliquent des taux de cotisation différents :
- Tranche 1 (T1) : la part du salaire jusqu'à 1 PASS (4 005 € par mois)
- Tranche 2 (T2) : la part du salaire entre 1 et 8 PASS (de 4 005 à 32 040 € par mois)
La retraite complémentaire AGIRC-ARRCO applique 3,15 % en T1 et 8,64 % en T2 côté salarié, d'où l'écart de « rendement net » pour les hauts salaires.
Comment fonctionne le prélèvement à la source ?
Depuis 2019, l'impôt sur le revenu est prélevé directement sur le salaire chaque mois par l'employeur, sur la base d'un taux transmis par la DGFiP. Le barème mensuel par défaut s'applique automatiquement aux nouveaux salariés (foyer célibataire sans enfants) ; il est progressif et indexé chaque année sur l'inflation. Le taux personnalisé tient compte de la situation familiale réelle et figure sur impots.gouv.fr. Le prélèvement s'applique sur le net imposable, c'est-à-dire le net payé majoré de la CSG non déductible et de la CRDS.
Coût employeur : combien je coûte vraiment ?
Le coût total employeur représente le salaire brut majoré des cotisations patronales (maladie, vieillesse, allocations familiales, chômage, AGS, FNAL, CSA, retraite complémentaire, versement transport, formation professionnelle, etc.). En moyenne, ces cotisations représentent 40 à 45 % du salaire brut. Pour un salarié non-cadre touchant 2 350 € net, l'employeur dépense environ 4 250 € par mois, soit un ratio net sur coût employeur d'environ 55 %.
TJM freelance équivalent à un salaire
Pour quitter le salariat et viser le même revenu net en freelance via une SASU à l'IS (dirigeant assimilé salarié), il faut en général multiplier le net annuel visé par environ 2,1 pour estimer le chiffre d'affaires HT minimum à facturer. Ce facteur intègre les cotisations sociales du dirigeant, l'IS sur le bénéfice et la TVA déductible. En divisant par les jours réellement facturés (180 à 200 jours par an en conseil), on obtient le TJM HT visé, hors charges de structure (logiciels, comptable, formation, déplacements) à ajouter.
Sources et limites
Calcul fondé sur les cotisations légales obligatoires en France en 2026 : taux URSSAF, AGIRC-ARRCO et barème du prélèvement à la source de la DGFiP. Les cotisations patronales sont une estimation moyenne (taux AT-MP, versement transport et cotisations conventionnelles variables selon l'entreprise).
Hors mutuelle complémentaire santé et prévoyance d'entreprise (sauf si renseignées ci-dessus), réduction Fillon, primes, intéressement et participation. À titre indicatif uniquement : pour une simulation officielle, mon-entreprise.urssaf.fr.